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Histoire de la presbytie

PAR LE PASSÉ

 

Aristote évoqua les problèmes de vision, principalement la myopie et la presbytie, dans son livre Problemata mais ce n'est que bien longtemps après qu'on put véritablement inventer les lunettes.

C'est cette longue histoire que nous allons évoquer brièvement, juste pour donner les grandes lignes de ce que tout le monde utilise de nos jours.

Quel fut l'inventeur des lunettes ?
Personne ne le sait vraiment mais nous savons qu'elles apparurent d'abord en Italie, à la fin du XIIIe siècle.

En 1299, dans un traité nommé Traité de Conduite de la Famille, Sandro di Popozo écrit :
«… Je suis si altéré par l'âge, que sans ces lentilles appelées lunettes, je ne serai plus capable de lire ou d'écrire. Elles ont été inventées récemment pour le bénéfice des pauvres gens âgés dont la vue est devenue mauvaise …».

C'est Francesco Redi (1626-1694), professeur de médecine à Pise (Italie), qui rapporte ce document. Un dominicain italien appelé Allesandro Spina, mort en 1313, a fabriqué des lunettes qu'il distribuait autour de lui. Un inconnu lui apprit ce qu'étaient les lunettes et il diffusa son savoir de fabrication à tous ceux qui s'y intéressaient.
Il semble donc que différents italiens inventèrent les lunettes. On peut considérer qu'une des premières reproductions de lunettes dans une peinture est due à Tommaso da Modena : Tommaso da Modena (1352).

En fait, c'était surtout les moines qui les utilisaient pour recopier les manuscrits, jusqu'à ce que Gutenberg (?1397-1468) invente l'imprimerie. L'explosion de la production des livres s'accompagna d'une demande importante de lunettes. Au début il n'y avait qu'un verre que l'on mettait devant un œil et que les Anglais appelaient « spectacle ».

Une des plus belles et anciennes représentations de lunettes est le tableau de Jan Van Eyk, daté de 1436 : la Madonne du chanoine Van der Paele qui se trouve au Musée des Beaux-Arts de Brugge.

Au XIIIe et XIVe siècles, les verres étaient fabriqués avec du béryl, une pierre transparente teintée ou avec du quartz et, à partir des années 1300, on utilisa du verre de Venise. Le mot français « besicles » a comme origine le mot béricle, dérivé de béryl.

Par la suite, les travaux de l'Italien Giambattista della Porta (1535-1615) décrivit diverses expériences d'optique.

En 1611, Johannes Kepler fut, avec son ouvrage Dioptrice, le véritable fondateur de la dioptrique actuelle et le savant qui expliqua la marche des rayons lumineux au sein des matériaux, la réfraction et la réflexion de la lumière.

Ce n'est que vers 1728 qu'on vit apparaître les montures et, seulement à la fin du XVIIIe siècle, qu'on imagina de les faire tenir derrière les oreilles.

Aux XIIIe et XIVe siècles, on ne proposait que des lentilles biconvexes pour corriger la presbytie. Il fallut attendre le XVe siècle pour voir des lunettes corrigeant la myopie donc avec des verres concaves.

En 1440, le premier texte qui parle des verres concaves nécessaires pour corriger la myopie est la description du Cardinal Nicolas de Cuse (1401-1464) dans l'ouvrage De Beryllo. Raphael peignit le pape Léon X avec ses lunettes de myopie : le pape Léon X et deux cardinaux, daté de 1518 et qui se trouve au Musée des Offices à Florence.

En 1645 à Paris, Jacques Bourgeois (1618-1701) améliora les verres de lunettes en imaginant des verres qui étaient concaves du côté de l'œil et convexes de l'autre côté. Cela diminua les aberrations gênantes sur les verres habituels.

Thomas Young comprit ce qu'était l'astigmatisme et l'écrivit dans son livre en 1807 : lecture on Optical Instruments. Les lunettes corrigeant l'astigmatisme n'existèrent donc qu'à partir du XIXe siècle (verres cylindriques). Par la suite, l'astigmatisme fut mesuré par Louis-Émile Javal (1839-1907).

En 1855, Helmholtz expliqua l'accommodation par une contraction du muscle ciliaire et un relâchement de la zonule de Zinn, ce qui modifiait la courbure du cristallin. Les auteurs ne sont pas d'accord sur l'invention des verres à double foyer ; on l'attribue souvent à Benjamin Franklin mais sans certitude.

Ce n'est que récemment qu'on introduisit les verres progressifs puis les lentilles de contact multifocales que beaucoup de jeunes presbytes connaissent. Pline rapporta que Néron regardait les combats de gladiateurs au travers d'une émeraude. Beaucoup de textes se demandent pourquoi s'en servait-il comme protection ou pour mieux voir ?... Nul ne le sait. On attribue généralement au scientifique arabe Alhazen la première description scientifique du pouvoir grossissant des lentilles ; il ne parle pas de leur utilisation possible pour favoriser la lecture.

Roger Bacon (1214-1294) reprit ces travaux et continua à étudier la réfraction à travers verre et cristal de roche. La presbytie nécessite donc le port d'une correction en vision de près différente de la correction de loin (verres différents, doubles foyers, verres progressifs ou lentilles de contact multifocales). Les myopes voient naturellement bien de près sans accommoder, mais voient trouble de loin sans correction optique. Quand ils deviennent presbytes, seuls les petits myopes pourront lire de près sans accommoder.

Le presbyte hypermétrope est incapable de lire de près sans verres correcteurs et l’amélioration de l’hypermétropie (vision de loin) ne corrige qu'en partie la presbytie ou alors ne le fait qu'en créant une myopie au regard au loin. La correction au laser (Laser-Presbylasik) lui permet, la plupart du temps, de se passer de verres correcteurs. Entre 45 et 60 ans il persiste donc une accommodation résiduelle constituant une sorte de réserve pouvant être employée par les traitements laser pour rétablir un semblant d'accommodation. Au-delà les choses se figent et il faut alors changer le cristallin pour récupérer.

Être astigmate est un avantage pour la lecture à l'âge de la presbytie uniquement chez le myope car un petit astigmatisme permet de compenser en partie la presbytie. La presbytie est indépendante de l'existence de la présence d’une myopie, d’une hypermétropie, ou d’un astigmatisme. En cas de myopie, même lorsque la presbytie se développe, une certaine autonomie en vision de près persiste.

 

 

 

Dernière modification le 04/07/2016 - 08:17