Aléas

La sécheresse lacrymale

La sécheresse oculaire

La sécheresse oculaire

La chirurgie laser entraîne une désensibilisation temporaire de la cornée et par conséquent, une interruption du réflexe de production de larmes qui maintient normalement la cornée hydratée en permanence.

Il est habituel de ressentir un assèchement des yeux après la chirurgie, parfois, ce symptôme peut persister plus de 3 mois.

L’assèchement peut se manifester par différentes manifestations :

  • Sensation de picotement ou de grains de sable dans les yeux.
  • Brûlures.
  • Yeux collés le matin au réveil.
  • Vision fluctuante.
  • Perception de halos autour des lumières.
  • Éblouissement.

L’usage régulier de larmes artificielles ou de produits essentiellement à base de hyaluronate (3 à 8 fois par jour voire plus) pendant les 4 premiers mois permet de diminuer l’intensité de ces symptômes et d'attendre la récupération progressive et spontanée.

Fréquemment cette sécheresse est, en fait, sous tendue par une inflammation chronique des glandes lacrymales situées dans le bord des paupières : la blépharite. Cette affection, rarement grave est en revanche tenace et évolue par poussées. Elle est l’apanage des anxieux diabétiques, allergiques et sujets à profil exposé.  ..

La guérison est rarissime mais la blépharite est améliorable.

La sécheresse oculaire

La perception de halos et l’éblouissement

Il est normal de percevoir des halos (auréole floue) ou un étirement des lumières pendant une période de 3 à 4 semaines suivant la chirurgie.

Ce symptôme est principalement dû à la diminution temporaire de la transparence et de la régularité de la cornée pendant sa guérison. Vous aurez l’impression de voir les lumières à travers un fin brouillard.

 

Les aléas ont fait l’objet d’un rapport officiel à l’ANSM en 2015

http://ansm.sante.fr/Dossiers/Chirurgie-refractive-Complications-et-effets-Indesirables-de-la-chirurgie-dite-Lasik/Les-differentes-techniques-de-chirurgie-refractive/(offset)/0

 

Pour le parc national on recense 59 lasers femtosecondes et 141 lasers excimers, tous dans les établissements de santé. Une enquête auprès de sept fabricants a listé des effets indésirables et complications, afin de connaître leur fréquence en taux de survenue et la source de l’information (données de surveillance ou bibliographiques). Les résultats ne sont pas très homogènes car des aléas et incidents minimes sont rapportés au même titre que d’autres plus notables.

Cartographie des aléas

La fréquence maximale des complications rapportées est de :

  • 1,5 % pour les problèmes de découpe du volet cornéen,
  • 5,3 % pour des problèmes de cicatrisation anormale pouvant aboutir à une opacification partielle et transitoire de la cornée,
  • 0,00014 % pour des déformations de la cornée allant jusqu’à l’ectasie secondaire,
  • 3 % pour les infections,
  • 0,15 % pour les inflammations à distance dans le temps de la chirurgie. S’agissant des effets indésirables liés à la qualité de la vision, la fréquence maximale rapportée est de - 23,9 % pour les sécheresses oculaires,
  • 0,017 % pour les perceptions de halos lumineux,
    Halos lumineux
  • 3 % pour les phénomènes d’éblouissements,
  • 0 pour les gênes à la vision nocturne (pour tous les fabricants),
  • 2,4 % pour les visions dédoublées (diplopie),
  • 0,00047 % pour les déformations des images,
  • 0,3 % pour les réductions d’acuité visuelle.
    Ces phénomènes visuels sont régressifs mais longs à disparaitre 12 à 18 mois peuvent être nécessaires.
  • 7,9 % pour les invasions épithéliales (colonisation de l’espace créé sous le volet par des cellules de la surface de l’œil).
    Invasions épithéliales

Plusieurs effets ont été signalés par différents fabricants ; l’effet ayant été signalé avec la plus haute fréquence concernait des visions troubles/des voiles,  

Les retraitements réfractifs

Tout acte chirurgical peut demander à court ou moyen terme une retouche.

L'objet est :
- soit de corriger un écart de résultat,
- soit de compenser un petit décentrement.

Un retraitement à visée réfractif intervient entre 2 et 6 % des cas le plus souvent il s’agit d’un reliquat myopique. L’astigmatisme est aussi par nature difficile à réduire complètement. Les aléas de la première découpe peuvent se retrouver en retraitement. Le retraitement est rapide et gratuit à la Clinique de la Vision s’il intervient dans les 6 mois.  

Bibliographie

N Romito , L Trinh , G Drouglazet-Moalic , I Goemaere , V Borderie , N Bouheraoua Regression and ablation profiles in corneal refractive surgery J Fr Ophtalmol . 2021 Sep;44(7):1059-1075

Aléas possibles en Lasik

Complications affectant le volet cornéen

Certaines complications peuvent survenir lors de la création du volet cornéen , première étape de la chirurgie Lasik.

Elles sont moins fréquentes depuis l’apparition du laser femtoseconde. On peut citer cependant :

  • Les problèmes liés à la découpe du volet cornéen : ces complications sont estimées comme pouvant atteindre 1,5 % (données des fabricants) ;
  • Une cicatrisation anormale qui peut aboutir à une opacification de la cornée : survenue estimée comme pouvant atteindre jusqu’à 5,3 % (données des fabricants) ;
  • Déplacement et plis du volet, plus fréquents en cas de microkératome mécanique qu’avec le laser femtoseconde : les taux rapportés dans les publications peuvent atteindre 2 %.

Infection et Inflammation

Les publications mentionnent des taux de survenue d’infection suite à la chirurgie Lasik allant jusqu’à 1 % des cas. Les données de surveillance des fabricants indiquent des taux allant jusqu’à 3 %, et jusqu’à 0,15 % pour la survenue d’inflammation à distance de la chirurgie.  
Ces effets ne sont pas spécifiques à la chirurgie Lasik.
La kératite lamellaire diffuse (encore appelée effet des "sables du Sahara") est une complication spécifique à la chirurgie Lasik.
Cette inflammation de l’espace situé sous le volet cornéen est de survenue variable, de 0,42 % à 19 % des cas selon les conditions des études effectuées et selon le stade de la kératite évaluée (stade 1 à 4 ou 1 à 3 selon les classifications).
L’œil est alors larmoyant, souvent gêné par la lumière et douloureux.
Le retentissement sur la vision dépend du degré de sévérité et de la localisation de la complication.

Bibliographie

Cours des comptes. La politique de prévention des infections associées aux soins : une nouvelle étape à franchir. Rapport 2019.

 

Invasion épithéliale

L’invasion épithéliale est une complication précoce du Lasik : elle peut survenir peu de temps après l’intervention chirurgicale.
Elle est due au passage des cellules de la surface (cellules épithéliales) dans l’interface cornéen, sous le volet cornéen formé par le laser femtoseconde. Du fait de son caractère récidivant cette complication est parfois difficile à traiter.
Elle est  plus fréquente lorsque l’intervention a nécessité une retouche. Les données de surveillance des fabricants indiquent une fréquence allant jusqu’à 7,9 % des cas lorsqu’il y a retouche.
Le retentissement sur la vision dépend du degré de sévérité et de la localisation de la complication.

Perception de halos lumineux, altération de la vision nocturne

Les résultats de l’étude de la FDA de  2014 indiquent, pour les patients qui n’en présentaient pas avant l’opération, une fréquence de survenue post-opératoire de : 35 % de halos et  28% d’éblouissements.
Cette étude indique également que les effets de halos et d’éblouissements sont extrêmement gênants pour respectivement 1,8 % et 3,5 % des patients interrogés.
Les phénomènes d’éblouissement et les halos régressent généralement entre 1 à 3 mois après cicatrisation. Lorsqu’ils persistent, ils  sont le plus souvent liés à l’existence d’aberrations optiques et peuvent nécessiter une nouvelle intervention.
Si  le  diamètre du volet cornéen est trop faible par rapport à la taille de la pupille, comme par exemple dans la pénombre, la vue de nuit peut également se trouver altérée.

Vision dédoublée

Les données des fabricants indiquent des taux de survenue de vision dédoublée (diplopie : perception de deux images pour un seul objet) allant jusqu’à 2 % des cas rapportés.
Certaines diplopies peuvent être traitées à l’aide de lunettes, de lentilles de contact, ou d’une intervention chirurgicale réfractive de retouche.

Sur-corrections et sous-corrections

Lors de l’intervention, la correction apportée à l’œil peut être supérieure ou inférieure à la correction initialement attendue.
Ces situations,  rares selon les publications (moins de 3%), peuvent nécessiter une nouvelle intervention.

Ectasie secondaire

Cette déformation de la cornée opérée peut survenir plusieurs années après la chirurgie.
Très exceptionnelle et tardive (1 cas sur 700 000 environ selon les données de surveillance des fabricants) c'est la complication la plus redoutée de cette chirurgie.
La plupart des patients la développant étaient auparavant porteurs d’un kératocône latent, non dépistable au moment de la chirurgie.
Le kératocône correspond à une déformation de la cornée qui s’amincit progressivement, perd sa forme sphérique normale et prend une forme de cône irrégulier.
La plupart des kératocônes sont aujourd’hui dépistés au moment du bilan pré-opératoire, mais il n’existe pas à cette heure de critère absolu permettant de garantir la prévention d’une ectasie secondaire.

Réduction de l’acuité visuelle

Une réduction de l’acuité visuelle a été reportée avec une fréquence allant jusqu’à 0,5 % selon les données des fabricants.
Elle peut être la conséquence des complications précitées.
La perte totale de la vision est un évènement exceptionnel mais qu'il n'est pas possible d'exclure de manière formelle.

Et lorsque cela n’est pas parfait

Il est inévitable lorsqu'on n'obtient pas 100 % qu'une déception se manifeste. Sur des forums ou des sites revendicatifs on peut trouver des témoignages ou des dires procédant d'un échec de la relation avec le médecin, d'une incompréhension, d'un irréalisme de l'attente ou tout simplement d'un résultat inapproprié. Les "fake news" sont la plaie des réseaux, les avis favorables sont parfois arrachés ou provoqués.
Fake news
La somme des bénéfices est immensément supérieure à celle des inconforts ou aléas. La chirurgie réfractive est avant tout une chirurgie et il ne faut jamais oublier que les meilleurs gardes fous ne suppriment pas les écarts. L'US Navy autorise les aviateurs à se faire faire un lasik, des astronautes furent opérés, des champions de golf comme Tiger Woods, des acteurs, des sportifs et beaucoup de personnes connues et bien informées sont opérées, La balance est fortement favorable à la réussite. S’il y a quoique ce soit à faire pour améliorer votre chirurgien sera toujours présent pour vous aider, y pallier et vous accompagner.

Kook D, Mayer WJ, Shajari M, Steinwender GKohnen T Enhancements after Refractive Corneal Surgery . .Klin Monbl Augenheilkd. 2020 Jul;237(7):907-919. doi: 10.1055/a-1148-2744. Epub 2020 Apr 17.

Dernière modification le : 02/11/2022